Samedi 18 décembre 2010 6 18 /12 /Déc /2010 14:47

*Évaluations CE1/CM2 : « Rien n'avance », déplore la FCPE qui appelle à « une transformation pédagogique » *

« Il y a déjà eu plusieurs réunions au ministère au sujet des évaluations CE1/CM2 (AEF n°132831 <http://www.aef.info/public/fr/abonne/depeche/depeche_detail.php?id=132831

 

> et AEF n°135343 <http://www.aef.info/public/fr/abonne/depeche/depeche_detail.php?id=135343

 

>). Leurs conclusions ont été assez claires et unanimes. Il n'est pas possible de faire comme si rien ne s'était passé », déclare à AEF Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE, lundi 13 décembre 2010. Dans un communiqué diffusé le même jour par la fédération, celle-ci « se désole de ce que rien n'avance concernant les évaluations nationales dans le premier degré », estimant que « cela va faire deux ans que les élèves de CE1 et de CM2 subissent des évaluations à contretemps de leurs besoins et de ceux de leurs enseignants », situation ne permettant pas de « mettre en place des solutions pour remédier aux difficultés ».

« Afin de tout faire pour éviter le redoublement » et d'opérer « une transformation pédagogique », Jean-Jacques Hazan estime qu'il faut « placer ces évaluations en septembre, en début de CE1 et en début de CM2, afin d'obtenir une évaluation objective et de mesurer ce qui manque aux élèves pour parvenir à la fin de cycle et valider les compétences demandées par le livret, ou alors revenir à ce qui se faisait avant, c'est-à-dire placer l'évaluation en début de 6e ». Jean-Jacques Hazan plaide enfin pour « une évaluation nationale, simple, basique » et contre « une étape dont les élèves aient peur ».


La FCPE souhaite ainsi qu'une évaluation soit menée « en début d'année [...] à la fin de chaque cycle » et demande qu' « un pallier d'évaluation » soit mis en place « en début de 3e par exemple ».

*DES ÉVALUATIONS EN JANVIER PROCHAIN ?*

Jean-Jacques Hazan affirme à AEF ne pas s'attendre à voir les évaluations des élèves de CM2 maintenues au mois de janvier 2011 : « Pour moi, cet arbitrage n'a pas été rendu et il existe encore un mois pour que la raison l'emporte. »

Au sujet du livret de compétences, Jean-Jacques Hazan indique qu' « il n'est pas à 100 % satisfaisant » et reste « à améliorer », en réfléchissant notamment « à sa mise en oeuvre ».


*Contact : *FCPE, Laurence Guillermou, communication, 01 43 57 16 16, fcpe@fcpe.asso.fr <mailto:fcpe@fcpe.asso.fr>, www.fcpe.asso.fr

 

<http://www.fcpe.asso.fr

 

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Samedi 18 décembre 2010 6 18 /12 /Déc /2010 14:40

EVALUATIONS NATIONALES : TROP DE QUESTIONS SANS REPONSES...


Les inspecteurs de circonscription du primaire adressent aux écoles les premières informations relatives aux prochaines évaluations nationales de CM2 prévues en janvier 2011.


Il s'agit du calendrier des différentes étapes : passation des épreuves, saisie des résultats, transmission des informations aux parents puis à l'administration.


Mais, ne manquerait-il pas l'essentiel ?


1/ Pourquoi s'entêter, quand ça n'a aucun sens, à faire passer des évaluations à cette période ? En effet, les élèves auront repris depuis peu, après des vacances connues pour être particulièrement fatigantes (surtout avec une reprise dès le 3 janvier !). Quant aux parents, ils auront pour beaucoup déjà reçu un bilan du 1er trimestre.


2/ Qui en a besoin ? Ces évaluations sont beaucoup trop tardives pour être un diagnostic et bien trop précoces pour établir un bilan.


3/ Un autre mode d'évaluation que le binaire "bon/faux" va-t-il enfin être retenu ?

Ainsi, même des évaluations académiques de langues vivantes utilisent 4 degrés (il en faudrait certainement 5 en comptant l'absence de réponse). En attendant, ce procédé ne prend pas en compte à leur juste valeur la majorité des réponses qui sont le plus souvent dans l'entre-deux.


4/ Va-t-on encore devoir évaluer les élèves sur des notions non étudiées ? S'il nous est répondu que toutes les compétences relèvent du CM1, alors pourquoi attendre pareille période ?


5/ Quelle fiabilité accorder à ces évaluations ? En plus d'être inexploitables, on sait qu'elles ont provoqué dans les classes concernées des réactions révélatrices du malaise ambiant : bachotage, révisions très ciblées à la maison, exercices proposés une première fois à blanc, réponses au tableau en QCM, correction très avantageuse, temps imparti dépassé, etc. De plus, l'an dernier, le ministère avait finalement avoué avoir dû procéder à une « correction statistique » des résultats (bonjour la valeur scientifique !) car les épreuves avaient été rendues difficiles pour voir jusqu'où on pouvait pousser les meilleurs (les élèves en difficulté ne lui disent pas merci...).


6/ Quelle utilisation sera faite des chiffres collectés ? On voit qu'en Angleterre, la question du boycott est également posée, avec d'autant plus d'urgence que des écoles aux performances insatisfaisantes sont menacées de fermeture.


7/ Quelles garanties a-t-on sur les risques de comparaison, de mise en concurrence, de classements d'école (mince, j'ai donné la réponse à la question précédente, désolé !) ?


8/ Enfin, si ces évaluations font partie du service obligatoire, pourquoi alors récompenser ceux qui les font passer par une prime ?


Le ministère avait prétendu vouloir laisser la porte ouverte à d'autres propositions. Dès lors, la reconduite à l'identique de ces évaluations serait d'autant plus regrettable que de nombreuses voix se sont fait entendre ces deux dernières années (enseignants, parents, formateurs, universitaires), non seulement pour condamner l'absurdité de ce dispositif, mais aussi pour réclamer des outils d'évaluation au service de la réussite des élèves.

 

Est-ce vraiment trop demander ?


Sylvain Grandserre Maître d'école -

Porte-parole de l'appel des 200 maîtres contre les évaluations nationales

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Mercredi 15 septembre 2010 3 15 /09 /Sep /2010 11:23

*Lettre ouverte à Ninon Bivès et au Réseau des enseignants en résistance, transmise au Café Pédagogique qui publie ce 14 septembre 2010 un article intitulé « Une "désobéisseuse" sanctionnée »*

 

Chère Ninon BIVES,

j'admire très sincèrement votre courage, votre détermination et, finalement, votre sens du devoir, de la déontologie et de l'éthique au service des enfants-élèves... Vos amis désobéisseurs et vous-même donnez de véritables leçons de morale et d'honnêteté intellectuelle aux Inspecteurs d'Académie qui se réfugient derrière les attentes de l'administration au mépris des considérations humaines. Ils "oublient" que l'école et les enfants ne leur appartiennent pas. Il est temps que l'opinion publique prenne enfin conscience que, malgré le dévouement, la générosité et la compétence de la grande majorité des enseignants, l'école de la FRANCE n'en finit pas de sombrer.


Les conclusions de toutes les études et enquêtes internationales sont convergentes, même si les chiffres doivent être relativisés. Un livre bien documenté vient nous rappeler la situation critique et ubuesque de notre système éducatif. Ecrit par le grand reporter à TIME MAGAZINE, Peter GUMBEL, et publié à PARIS chez GRASSET, il est intitulé "On achève bien les écoliers". Cet ouvrage s'appuie notamment sur les études internationales Pisa qui soulignent que "les jeunes Français sont les plus angoissés : 71% des élèves sont régulièrement sujets à l'irritabilité, 63% souffrent de nervosité et 40% d'insomnies". Peter GUMBEL nous fait passer des messages "terrifiants" qui font mal mais qu'on ne peut ignorer. Quelques-uns sont publiés dans le Journal du Dimanche du 12 septembre 2010 : "Les élèves français n'ont pas confiance en eux"... " ils sont terrifiés à l'idée de commettre des erreurs"..."la peur de l'échec les ronge"..."on pointe du doigt les lacunes des élèves et on ne prend jamais en compte les facteurs de confiance en soi et d'épanouissement"... "Les professeurs sont prisonniers d'un système qui les enferme dans l'obsession de terminer le programme à tout prix"... "Et tant pis si on perd en chemin les trois quarts des élèves" (souligné par Hubert Montagner)... "Des efforts ont été faits mais les Français sont les champions du monde du redoublement"... "C'est un système qui note pour sélectionner et non pour former"... "C'est un système impitoyable qui a sacralisé des évaluations mettant les élèves sous pression, une culture de l'excellence, certes, mais qui enfonce les élèves les plus faibles plutôt qu'il ne les aide à se relever"... "La transmission des savoirs par le ludique manque cruellement"... "Pourquoi la France est-elle le seul pays au monde à décourager ses enfants au nom de ce qu'ils ne sont pas, plutôt que les encourager en vertu de ce qu'ils sont ? ".


En toute humilité et modestie, c'est exactement ce que de nombreuses personnes averties et moi-même ne cessons de dire et d'écrire depuis de nombreuses années, non pas à partir d'analyses égoïstes, d'intérêts personnels, de délires ou de fantasmes, mais en nous fondant sur les données de la recherche fondamentale, les observations cliniques, les propos et le vécu des parents et enseignants attentifs.

 

Pour résumer et en me limitant à quelques aspects :

Il faut refonder l'école pour que son organisation, son mode de fonctionnement, ses stratégies relationnelles, ses systèmes de dialogues, de concertations et d'échanges, son aménagement du temps et ses aménagements de l'espace puissent permettre aux enfants-élèves, à tous les enfants-élèves, de prendre ou reprendre confiance en soi et dans autrui, et de développer peu ou prou l'estime de soi. Il faut pour cela que chacun puisse s'installer et se conforter dans la sécurité affective (le sentiment de ne pas être abandonné, délaissé, oublié, maltraité, en danger), libérer et faire partager ses émotions ; 


Il faut quitter l'obsession des apprentissages dits fondamentaux qui créent et renforcent l'anxiété de performance (la peur de mal faire) et les angoisses. On rappellera ici une enquête du Journal Libération qui rapportait en 2008 que 42% des jeunes partaient à l'école en ayant mal au ventre, c'est-à-dire, avec la peur au ventre, alors que 25% ne comprenaient pas ce qu'on leur demandait. L'appellation "apprentissages fondamentaux" implique qu'il y ait des apprentissages moins fondamentaux, voire secondaires ou même inutiles. Lesquels ? Pourquoi ? au nom de qui et au nom de quoi ? Les enfants seraient-ils programmés génétiquement ou culturellement pour être formatés dans les apprentissages dits fondamentaux (français, calcul, mathématiques) qui excluent les autres savoirs et connaissances ?


En fait, en vérité et au fond, le système actuel ne serait-il pas délibérément conçu par ceux qui ont le pouvoir politique, économique... pour opérer une sélection sociale en faveur des enfants-élèves et des familles qui peuvent supporter le poids accru des apprentissages dits fondamentaux et en accpter l'idée... dès l'école maternelle? 

 

Dans l'ordre des priorités, il faut enfin donner une place prépondérante aux enfants et aux facteurs humains (personnels, familiaux, sociaux, culturels), et donc à une pédagogie ajustée aux possibilités et difficultés, espoirs et projets de chacun, et non pas à des programmes insensés qui sont irréalisables... sauf avec des "bons élèves", voire des "très bons élèves". Et encore ! Il faut enfin reconnaître que l'école doit être un lieu flexible et évolutif d'écoute, de bien-être, d'épanouissement, de reconnaissance des ressources et richesses humaines et intellectuelles de chacun, y compris ceux qui ne sont pas comme les autres, et de réussite diversifiée (combien de grands écrivains, peintres, musiciens, chercheurs, sportifs... ont été considérés comme des cancres à l'école, en tout cas comme des personnes psychologiquement et/ou intellectuellement limitées qui ne parviendraient jamais à s'installer dans une position sociale non précaire et/ou à accéder à un statut reconnu de personnalité de premier plan dans les domaines artistiques, intellectuels, sociaux, culturels, sportifs... 


Il faut que les activités ludiques aient toute leur place alors qu'elles sont réduites à une peau de chagrin dans les réformes du Ministre DARCOS (le Ministre CHATEL passe son temps à noyer le poisson par des déclarations... infantiles et simplistes) ;


Il faut repenser l'aménagement du temps dans la journée, la semaine et l'année alors que la conférence sur les "rythmes scolaires" n'est qu'une imposture et une manoeuve dilatoire pour aboutir à un constat d'impossibilité à cause des intérêts divergents, parfois d'ordre mercantile, de ses "composantes" ; 

Il faut repenser l'aménagement des espaces pour que chaque élève puisse se (re)construire dans l'alliance du corps et de la pensée ; 

 

Il faut être très attentifs aux déficits de sommeil et aux troubles du rythme veille-sommeil qui aggravent les difficultés des enfants-élèves en créant un système de concertation non stigmatisante entre les différentes personnes concernées sans renvoyer les enfants et les parents à leurs difficultés.

 

Les enseignants dits désobéisseurs dont la plupart adhèrent aux grandes lignes de ce qui précède ont ouvert une brèche dans un système déshumanisé qui conduit la majorité des enfants-élèves à l'échec, les familles à la désespérance et la souffrance, et la nation à sa perte.

 

Merci pour les enfants, les familles, la société... mais aussi les enseignants eux-mêmes dont beaucoup sont en difficulté ou n'ont pas pris conscience de la gravité de la situation de l'école.

 

Merci en particulier à vous, Ninon BIVES. Vous êtes admirable.

 

Très cordialement,

Hubert Montagner

14 septembre 2010 --

 

« Par l'abus de pouvoir d'un homme et d'un gouvernement dévot, l'Etat de droit est aujourd'hui en danger. Or, c'est de notre silence, de notre résignation, de notre passivité et de notre soumission que ce pouvoir autoritaire et brutal tient sa force. Il est temps d'enrayer cette machine infernale. »

Extrait de l'Appel à l'insoumission - Réseau des enseignants en résistance - Août 2010

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Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 19:41

_Le cercueil pour « caisse » de retraite ?

_*

1/ Tout d'abord, on nous rebat les oreilles avec la hausse de l'espérance de vie en oubliant de préciser que celle-ci correspond souvent à des nourrissons qu'on sauve d'une mort précoce ou à des personnes âgées en gériatrie. Or, en 50 ans, l'espérance de vie à partir de 60 ans n'a augmenté que de 5 ans pour les hommes et 7 ans pour les femmes ! On est donc loin d'une invasion de centenaires !


2/ Le gouvernement estime que l'on reste désormais trop longtemps à la retraite. Mais c'est justement grâce à la retraite que la vie a été allongée ! On se dit parfois que nos « jeunes » retraités pourraient bien encore travailler. Mais c'est le simple fait d'être à la retraite qui a amélioré leur santé ! Sans le stress et la fatigue du travail, on va déjà mieux !


3/ On parle de l'espérance de vie en général, mais quelle est l'espérance de vie en bonne santé ? Celle-ci n'est que de 63 ans en moyenne ! Après 55 ans, 2 maladies sur 5 sont dues au travail. Passé 60 ans, le travail est responsable de 60 % des maladies ! Bref, toucher à l'âge de la retraite c'est délibérément diminuer l'espérance de vie...


4/ Derrière des moyennes d'espérance de vie, il faut aller voir les écarts. Il y a ainsi 7 ans de différence entre un ouvrier et son patron ! Mais l'écart d'espérance de vie en bonne santé est encore plus fort... 59 ans pour l'ouvrier, 69 ans pour le cadre soit 10 ans d'écart de plénitude ! Du coup, ceux qui s'expriment le plus dans les médias (professions libérales, économistes, universitaires, cadres, dirigeants) sont relativement épargnés par ces « impératifs du corps » que connaît l'utilisateur du marteau-piqueur. Faut-il rappeler que les accidents graves et mortels, tout comme les maladies professionnelles, sont toujours aussi présents ? D'ailleurs, quand les travailleurs s'expriment, le résultat est sans appel. 90 % des 54-59 ans veulent s'arrêter à 60 ans !


5/ Mais au fait de quoi parle-t-on quand on annonce une retraite à taux plein à 67 ans ? Au moment de partir en retraite, 60 % des salariés du privé ne travaillent déjà plus (chômage, retraite anticipée, arrêt maladie). Repousser l'âge de la retraite, c'est allonger les années à Pôle Emploi ! Car la population « active » n'est pas toujours en « activité » à cause d'un taux de chômage anormalement élevé malgré les exonérations patronales (23 milliards par an d'allègements qui creusent le « trou de la sécu »). Car la durée moyenne d'activité n'est en France que de 36 ans. Du coup, la moitié des retraites plafonne à 1.050 € avec des femmes dont la pension est inférieure de 40 % à celle des hommes. Déjà 10 % des retraités sont sous le seuil de pauvreté. Combien demain ?


6/ Est-ce du cynisme ou de l'humour que d'inviter les salariés à se payer une épargne retraite complémentaire ? Les Français ont déjà du mal à boucler leurs fins de mois et ils auraient soudain une cagnotte à placer ? On peut prendre l'exemple des fonctionnaires qui ne sont que 400.000 sur 5 millions à participer au préfon retraite. Or l'écart de salaire renvoie aussi à l'écart de la capacité d'épargne ! Quand on gagne trois fois plus, il est facile d'épargner dix fois plus ! Ceux qui souhaitent le développement de systèmes privés de retraite omettent de dire que les fonds de pension sont soumis aux aléas boursiers comme l'a montré la baisse de 28 % en 2008 !


7/ Mais au fait, où sont les vrais tabous ? Bizarrement, nous n'entendons pas parler de notre PIB qui a doublé en 20 ans (de 1988 à 2008). Pendant 70 ans, les heures de travail n'ont cessé de diminuer (lois sur les 40 heures, puis 39 et 35) sans que ne cessent d'augmenter les richesses et les salaires. D'ailleurs, les comptes des caisses de retraite étaient encore équilibrés en 2001 ! Pourquoi ne parle-t-on pas non plus de notre richesse et de la productivité qui auront vraisemblablement doublé en 40 ans ?


8/ Il est étonnant de constater qu'on présente peu à peu de la France comme s'il s'agissait d'un pays du tiers monde. C'est pourtant une grande puissance (politique, économique, culturelle et même militaire), avec une place privilégiée à l'ONU. Notre pays arrive en première place pour les investissements étrangers de toute l'Union Européenne. Idem pour la productivité française qui fait partie du trio de tête mondial ! Quant à notre déficit tant médiatisé, il est mystérieusement oublié de préciser qu'il est dû en grande partie à la politique de baisse d'impôts ! Sans elle, le déficit n'aurait été l'année dernière que de 3,7 % au lieu de 7,5 % (rapport du député UMP G. Carrez) ! La France ne dépense donc pas trop. Elle ne perçoit pas assez en épargnant... ceux qui ont le plus d'épargne (bouclier fiscal) !


9/ Restons dans le domaine économique et regardons ce que deviennent les richesses produites par les travailleurs. En 1980, un salarié travaillait 72 heures par an pour ses actionnaires. Aujourd'hui, le même salarié travaille 189 heures par an pour des rentiers ! En effet, la part de salaire dans la valeur ajoutée est en baisse. Ainsi, en 1982, le salaire représentait 72 % de la valeur ajoutée contre 28 % pour les profits. En 1989, les salaires ne représentaient plus que 63 % ! Bref, les salariés français produisent des richesses très inéquitablement partagées ensuite. On voit dès lors que tout l'enjeu est de trouver un plus juste équilibre, notamment au travers des cotisations versées.


10/ Car la question des cotisations est essentielle... mais jamais abordée, permettant ainsi de présenter l'allongement de la durée du travail comme une fatalité démographique. Or, il suffirait d'augmenter ces cotisations de 0,37 % par an pour s'en sortir ! On pourrait même imaginer un effort partagé : 0,25 % de hausse des cotisations patronales pour 0,12 % de hausse des cotisations des salariés. De la même manière rien n'empêche d'élargir l'assiette de ces cotisations en taxant davantage des revenus qui ne le sont pas. Pourtant ces solutions sont systématiquement écartées car elles diminueraient d'autant la masse de richesse à partager entre ceux qui ne l'ont pas produite...


Résumons... Nos jeunes sont massivement au chômage et ne décrochent le premier CDI que vers la trentaine ? Demandons-leur de cotiser 42 ans ! Une majorité de Français est déjà sans travail à l'approche de la soixantaine ? Demandons-leur de travailler jusqu'à 62 ans pour toucher leur retraite ! L'espérance de vie en bonne santé pour les Français est de 63 ans ? Demandons-leur de travailler jusqu'à 67 ans pour une retraite à taux plein.


Pour conclure, on voit que loin d'être condamné notre système de retraite par répartition peut garantir une retraite à 60 ans à taux plein, sans baisse des pensions. Il est pourtant demandé aux Français un « effort » que chacun sait impossible à réaliser comme nous l'avons vu. Or, la retraite reste une institution exceptionnelle puisqu'elle rétribue chacun en dehors de sa capacité à produire. Il s'agit au final d'une banale question de répartition des richesses, soit le vrai tabou dans une société si peu équitable à ce sujet (qu'on songe aux 13 millions d'€ que Véolia avait mis de côté pour la retraite chapeau de Henri Proglio). Il ne s'agit donc pas seulement d'une question économique, mais aussi d'un enjeu politique et démocratique pour savoir si nos plus belles années de retraite doivent devenir nos pires années de travail.


Sylvain Grandserre


(1) A lire : Un vraie retraite à 60 ans c'est possible, G. Filoche et J-J. Chavigné, J-C. Gawsewitch éditeur, 2010, avec des chiffres de l'INSEE, du COR, etc.

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Lundi 21 juin 2010 1 21 /06 /Juin /2010 21:38

Communiqué de presse


Les réformes engagées dans l’Education Nationale interrogent les responsables du système éducatif et au premier chef les Inspecteurs d’Académie qui sont souvent en difficulté pour défendre devant les enseignants et les parents les décisions ministérielles.

Les instructions qui se succèdent donnent une image brouillonne de la gouvernance du ministère et ne tracent pas les contours du grand dessein pour l’école dont le pays a besoin.


On nous demande de supprimer des postes alors que lutter contre l’échec scolaire et la violence à l’école suppose plus d’adultes et plus d’éducation dans les établissements.

On nous demande d’augmenter les effectifs des classes, alors que la difficulté scolaire se traite avant tout par une pédagogie différenciée d’autant plus difficile à mettre en oeuvre que les effectifs sont importants.

On nous demande de fermer les petits établissements ruraux alors que la circulaire Balladur de 1993, jamais abrogée, interdit la fermeture de la dernière classe d’une commune.

On nous demande de ne plus scolariser les enfants de moins de trois ans alors que toutes les études montrent les effets bénéfiques d’une scolarisation précoce dans les milieux les plus défavorisés.

On nous donne en exemple le modèle finlandais dont la formation des enseignants est un élément clé de la réussite tandis qu’on réduit le temps de formation des professeurs français.


Comment expliquer cela aux parents d’élèves, aux enseignants ? Quelle en est la logique si ce n’est une logique uniquement budgétaire ?

Dès lors, les Inspecteurs d’Académie dont on ne peut douter de la loyauté s’interrogent devant les risques de dégradation du service public d’éducation dont les conséquences, à l’heure de la mondialisation, se mesureront à terme sur les performances et la compétitivité de la France ! D’autres pays ne s’y sont pas trompés comme l’Allemagne, souvent citée en exemple qui a fait le choix de ne pas réduire ses dépenses d’éducation.

Le SIA rappelle que des Inspecteurs d’Académie ont été victimes de retraits d’emplois pour avoir tenu à faire prévaloir l’équité dans la gestion des moyens. Nous avons tous, en tant que cadres responsables, conscience de la nécessité de contribuer à la réduction de la dette publique, mais dans l’Education Nationale plus que partout ailleurs chaque action de réduction budgétaire doit être pensée dans une perspective de long terme et non à l’aune d'échéances économiques immédiates.

Sur tous ces dossiers qui conditionnent l’avenir du système éducatif, le SIA regrette que Luc CHATEL n’ait pas cru devoir le recevoir, malgré l’engagement de son directeur de cabinet et des demandes répétées qui lui ont été transmises.

Paris, le 16 juin 2010

Pour le bureau national

Robert PROSPERINI, secrétaire général

 

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